Formations · Adultes

Reprendre ses études sans arrêter de travailler

Reprendre des études en travaillant est la situation de la majorité des adultes en formation. Ce n'est pas la difficulté du contenu qui fait échouer les projets, mais l'organisation.

Les formats compatibles avec un emploi

L'enseignement à distance. Le plus souple : vous organisez votre travail, avec des échéances de devoirs et des examens généralement en présentiel. Suppose une forte autonomie.

Les cours du soir et du samedi. Proposés par certains organismes et par le conservatoire des arts et métiers. Rythme imposé, ce qui aide beaucoup ceux qui ne travaillent pas seuls.

Les formations en séminaires groupés. Quelques jours consécutifs, plusieurs fois dans l'année. Nécessitent de poser des congés ou d'obtenir un aménagement, mais concentrent l'effort.

Le cursus étalé. S'inscrire à un nombre réduit d'unités par an, en allongeant la durée totale. C'est l'option la plus sous-utilisée et souvent la plus réaliste.

L'alternance, accessible en contrat de professionnalisation pour certains publics adultes, notamment les demandeurs d'emploi.

Chiffrer la charge réelle

C'est l'exercice qui manque à la plupart des projets abandonnés.

Le volume de formation annoncé par l'organisme.

Le travail personnel, généralement équivalent ou supérieur au volume de cours. C'est le poste le plus sous-estimé.

Les trajets, s'il y a du présentiel.

Les périodes de pointe : rendus de devoirs, révisions, examens, qui concentrent l'effort sur quelques semaines.

Faites ce calcul avant de vous engager, et confrontez-le à votre semaine réelle — pas à celle que vous aimeriez avoir.

Les aménagements côté employeur

Plusieurs leviers existent, et ils se demandent.

Le plan de développement des compétences, si la formation présente un intérêt pour le poste. L'employeur finance et la formation se déroule sur le temps de travail.

L'aménagement d'horaires, sans financement : un jour libéré, des horaires décalés, du télétravail. C'est souvent plus facile à obtenir qu'un financement.

Le congé de validation des acquis, pour préparer un dossier et se présenter devant un jury.

Le dispositif de transition professionnelle, pour une reconversion, avec maintien partiel de la rémunération.

Comment présenter la demande. Sous l'angle du bénéfice pour l'entreprise plutôt que du projet personnel. Une compétence qui manque dans l'équipe est un argument ; l'envie d'évoluer ailleurs n'en est pas un.

L'organisation qui tient

Des créneaux fixes, protégés. Deux ou trois rendez-vous hebdomadaires inscrits dans l'agenda et défendus comme des obligations professionnelles. La régularité l'emporte sur le volume.

Un lieu dédié. Travailler chez soi, entre deux tâches domestiques, produit de mauvais résultats. Les bibliothèques universitaires et municipales bordelaises sont largement ouvertes.

Prévenir l'entourage. Un conjoint, des enfants, des proches informés du calendrier et de sa durée facilitent considérablement les choses. Ne pas l'expliciter crée des tensions évitables.

Fractionner les objectifs. Viser le prochain devoir, jamais l'examen final. L'échéance lointaine ne mobilise pas.

Prévoir les périodes creuses. Elles arriveront. Réduire plutôt qu'arrêter préserve l'habitude ; arrêter trois semaines la détruit.

Le point que personne n'anticipe

La fatigue cumulée.

Travailler à temps plein et étudier suppose de renoncer à une partie du temps de repos, sur plusieurs mois. C'est tenable, mais cela se prépare.

Deux règles utiles. Ne pas rogner sur le sommeil, qui est le premier facteur d'efficacité. Et prévoir des périodes de récupération réelles, sans culpabilité, plutôt que d'étaler un effort constant qui finit par céder.

Si vous décrochez

Ne disparaissez pas. C'est le réflexe le plus fréquent et le plus coûteux.

Contactez le service de scolarité ou l'organisme. Les solutions existent : étalement, report d'une unité, inscription réduite l'année suivante.

Une formation ralentie reste une formation en cours. Une formation abandonnée sans nouvelles redevient une inscription à refaire intégralement.

Le premier pas

Un entretien avec un conseiller en évolution professionnelle. Gratuit, ouvert à tout actif, il permet de faire le point sur le projet, les droits mobilisables et les formats adaptés à votre contrainte horaire.

Une séance évite souvent des mois d'exploration en aveugle.

Questions fréquentes

Quels formats sont compatibles avec un emploi ?

L'enseignement à distance, les cours du soir, les formations en séminaires groupés, les cursus étalés sur plusieurs années et l'alternance pour certains publics.

L'employeur doit-il être informé ?

Pas obligatoirement si la formation se déroule hors temps de travail. L'informer facilite toutefois les aménagements et ouvre la voie à un cofinancement.

Peut-on étaler un cursus ?

Oui, la plupart des universités permettent de s'inscrire à un nombre réduit d'unités par an. La durée s'allonge, la faisabilité augmente.

Que faire si l'on prend du retard ?

Prévenir le service de scolarité plutôt que de disparaître. Un étalement ou un report d'unité préserve les acquis, contrairement à un abandon.

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